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Kingdom Of Desire (1992)

image : Kingdom Of Desire (1992)

 

Après l'expérience malheureuse de Jean-Michel Byron, les membres du groupe Toto, décidèrent de ne pas recruter de chanteur pour leur album suivant. Les quatre inédits figurant sur la compilation "Past To Present" sont pourtant loin d'être mauvais, bien au contraire, et la voix de Byron sur "Out Of Love", "Love Has The Power", "Can You Hear What I'm Saying" et "Animal" était dans le bon ton et donnait un côté très "soul" à Toto. Oui, mais voilà, les amateurs du groupe furent un peu déconcertés et les performances de Byron sur scène achevèrent de sceller son sort.

 

Voulant à tout prix tourner la page, le "band" donna un ton résolument "rock", voir "hard-rock" à "Kingdom Of Desire" avec quelques exceptions sur deux ou trois titres, où le côté "R&B" est bien présent.

 

Si tous les morceaux, mis à part trois, sont signés "Toto", on ressent que Steve Lukather a eu la main mise sur l'orientation musicale et les compositions, avec bien entendu l'aval de Jeff Porcaro, David Paich et Mike Porcaro. Steve Lukather prit le "lead vocals" sur pratiquement tous les titres, et "Kingdom Of Desire" est l'album de Toto qui se rapproche le plus de... Steve Lukather...

 

En ce qui me concerne, je fus un peu désorienté à sa sortie, deux facteurs jouant pour cela. En premier lieu, la mort de Jeff, qui fut une catastrophe pour tous les amateurs de Toto et dont l'absence se ressent encore aujourd'hui, bien sûr personne n'est irremplaçable, mais Jeff avait une telle emprise sur le groupe, un tel charisme et il était dans le Top 5 des meilleurs batteurs de sa génération. En deuxième lieu, la tournure "rock" de KOD, me dérangea aux premières écoutes, j'ai toujours aimé le côté "soul" et de temps en temps "soft rock" chez Toto, et mis à part deux titres, le disque à un côté rentre-dedans qui me gêna. Il paraît qu'il n'y a que les imbéciles qui ne change pas d'avis, alors si tel est le cas, ça me rassure... Avec le recul, je reconnais volontiers que c'est un album profond, complet, avec un son fantastique et les performances instrumentales des 4 "Toto guys" sont à tomber à la renverse... Jeff Porcaro en guise d'adieu nous gratifie de quelques moments d'anthologie!!

 

On commence avec "Gypsy Train" (Toto) avec l'intro de Jeff à la batterie, et "Luke" qui enchaîne avec de très grands riffs de guitare, un titre presque "Hard", pas de chichi de production, c'est presque du brut de décoffrage, ça décoiffe et mon Dieu, ça le fait! ; "Don't Chain My Heart" (Toto) fut le premier single de cet album, il se permit même d'avoir des ventes très honorables et de nombreux passages radio dans notre cher hexagone. Le refrain n'est pas sans faire penser au "Unchain My Heart" de Ray Charles, repris quelques années plus tôt par Joe Cocker. "Never Enough" (Toto / Fee Waybill) est toujours très "rock" avec sur "l'énorme" final, la basse de Mike, les percussions de Lenny Castro, additionnés à la guitare de Luke, font de ce morceau un des bons moments du disque ; "How Many Times" (Toto) commence toujours très "rock" avec la guitare de Luke en avant, les couplets sont très influencés par The Beatles et le refrain est grandiose ; "2 Hearts" (Toto) aurait pu être aisément un tube, le slow qui tue! une mélodie parfaite et romantique à souhait ; "Wings Of Time" (Toto) est plus tranquille, très FM, avec toujours la guitare de "Luke" assez agressive, j'aime beaucoup ce titre ; "She Knows The Devil" (Toto) est plus "funk", la basse de Mike assure, la guitare de Luke entre funk et rock et la présence du grand et regretté Bobby Womack font de ce titre un de mes préféré de KOD ; "The Other Side" (David Paich / W. Sherwood / R. Kaplan) est la seule composition où l'on sent que Paich détient les manettes, un rythme "à la Africa" et au final une très belle chanson et peut-être un peu prémonitoire... ; "Only You" (Toto) est également une ballade, dans la tradition des chansons douces signées "Luke", c'est pas mal, mais pas le meilleur moment de KOD, Il est à noter que ce morceau avait été composé pour la B.O. du film "Top Gun", mais au dernier moment ce fut "Take My Breath Away" du groupe Berlin qui fut choisi ; "Kick Down The Walls" (Danny Kortchmar / Stan Lynch) est certainement une des rares chansons, interprétés par Toto, provenant de compositeurs extérieurs au groupe, il y a un côté funk indéniable et un refrain très R&B ; "Kingdom Of Desire" (Danny Kortchmar) (même analyse que le précédent concernant le compositeur) est plus rock mais avec un tempo assez lent, Luke est tout à fait à son aise sur ce genre de morceau, et c'est vrai que c'est un des très bon passage de "Kingdom Of Desire" ; pour conclure, "Jake To The Bone" (Toto) est un excellent instrumental fusion où Paich y va également de son solo, ce titre nous rappelle que les 4 de Toto sont d'excellents musiciens, mais ça on le savait déjà!!

 

La fête fut gâchée avec la mort brutale de Jeff, malgré quelques moments de tergiversations bien légitimes, Toto partit en tournée pour promouvoir le disque avec Simon Phillips. Après avoir hésité à dissoudre le groupe, Luke, Paich et Mike Porcaro se ravisèrent et trois ans après ils firent paraître "Tambu".

 

En conclusion l'illustration de la pochette a été choisie certainement après la mort de Jeff? Elle représente une peinture de ce même Jeff, avec un côté morbide évident... D'ailleurs en guise de symbole, sur la photo des quatre membres à l'intérieur du "booklet" Jeff est le seul a fermer les yeux!! 

 

Produit par Toto et Danny Kortchmar pour "Kick Down The Walls"
Enregistré par Greg Ladanyi, Niko Bolas, Jess Sutcliffe et John Jessel
Mixé par Bob Clearmountain

 

Toto :
Steve Lukather : guitares, chant
Jeff Porcaro : batterie
David Paich : claviers
Mike Porcaro : basse

 

Les musiciens et choristes invités étaient :

 

John Elefante, Phillip Ingram, Fred White, Alex Brown, Angel Rogers, Richard PageSteve George, Bobby Womack, William Sherwood, Stan Lynch, Jenny Douglas-McRae, Jackie McGhee, Phil PerryArnold McCuller, Kevin Dorsey : chœurs ;


Lenny Castro, Jim Keltner, Chris Trujillo, Joe Porcaro : percussions ;
CJ Vanston : pedal steel synthétiseur ;
Steve Porcaro : synthétiseurs ;
John Jessel : programmation de synthétiseur ;
Gary Herbig, Don Menza, Chuck Findley pour les cuivres

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Dernier commentaire :

Tedll

j’ai été moi aussi un peu déboussolé et très surpris en mettant pour la première fois ce CD : wow « Gipsy Train » ça decoiffe mais c’est rock ; très rock !! Lol (pas pour me déplaire). Et le son de Jeff  Wtf !!!! J’adore pas forcement 100% de cet album mais il recèle des passages d’anthologie. L’intervention de Richard Page sur « the Other Side » en est un excellent résumé. Jeff est juste énorme sur cet album, Mike aussi, et  Luke en mode « Lobotomys » est monstrueux. En regardant la video du Live à Montreux j’ai l’impression qu’ils avaient retrouver la joie de jouer sur scène et se faire plaisir entre potes loin de la pression des maisons de disques. De courte durée malheureusement... Je milite également pour que Bob Clearmontain ait la légion d’honneur 😁 

posté le : May 4, 2020 23:20

Jean-PhilippeRéjou

Je ne savais pas concernant les paroles de Wings Of Time que c'était Jeff qui en était l'auteur. Pour la peinture qui illustre la pochette, j'étais convaincu que c'était une oeuvre de Jeff, mais j'avais mal lu les crédits de la pochette. Merci Wyatt !

posté le : May 4, 2020 12:34

Repondre
Wyatt

En vérité, Jeff a choisi l'illustration d'un skelette enterré vivant essayant de s'extraire de terre pour la pochette de l'album. C'est l'oeuvre de l'artiste Rick Patrick. Autre coincidence étrange, Jeff est l'auteur de ces paroles extraite de "Wings Of Time" : Our love doesn't end here, It lives forever, On the wings of time.

posté le : May 4, 2020 12:24

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