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Red Eye (2020)

image : Red Eye (2020)

 

On ne présente plus Randy Goodrum, auteur-compositeur-interprète connu et reconnu. Créateur de magnifiques mélodies pour de nombreux artistes, dont beaucoup d’entre-elles furent de grands succès, mais il est également un parolier talentueux et très demandé, quant à ses interprétations que l’on peut entendre au travers de ses différents albums et de ses participations comme invité, elles sont bien souvent magiques !

 

Il faut remonter à 1994 pour retrouver trace de son dernier album en solo Words And Music sorti sur le label Polydor au Japon. Par la suite, outre son travail pour d’autres artistes, on pourra l’entendre en 2008 aux côtés de Jay Graydon pour leur projet en duo JaR (un second JaR ne devrait pas tarder à voir le jour), je vous conseille également Careless Mockingbird, une superbe composition qu’il interprète sur The L.A. Project II, l’opus de Peter Friestedt en 2007. Plus récemment c’est un plaisir de le retrouver dans le trio GIG (Goodrum Innis Gaitsch) en 2018 (vous pouvez par ailleurs consulter la chronique de cette excellente œuvre sur ce site).

 

En 2012 il fera aussi paraître quelques bons titres seulement en téléchargement, pour l’essentiel piano/voix. Parmi ses admirateurs, pas beaucoup croyaient qu’un nouvel album était en projet. Et puis il y a un peu plus d’un an et demi, quelques photos de sessions furent postées sur la page Facebook de l’ingénieur du son Steve Sykes où ce dernier parlait d’enregistrement d’un projet réunissant Randy Goodrum et Larry Williams!

 

Larry Williams et Randy Goodrum ? Diantre ! Quelle collaboration alléchante pour ceux qui suivent de près la carrière de ces deux artistes. Larry Williams membre fondateur du groupe hawaiien Seawind, multi-instrumentiste de talent, sessionman très demandé durant la fin des années 70 et pendant les années 80 et 90, ayant souvent collaboré avec le guitariste Lee Ritenour, mais également directeur musical du grand Al Jarreau et ce jusqu’à la mort de ce dernier. Et puis on ne compte plus ses participations avec les Seawind Horns en compagnie de Jerry Hey, notamment pour Michael Jackson, Paul McCartney et beaucoup d’autres.

 

Finalement c’est un album en solo de Randy Goodrum qui verra le jour, mais avec la moitié des chansons co-signées par la paire Goodrum/Williams et la présence prépondérante de Larry Williams dans l’instrumentation où il assure une bonne partie des claviers et des cuivres. La production de Red Eye est également signée par le duo. Avant de détailler cette œuvre morceau par morceau, je dois ajouter que Red Eye est un disque majeur, alliant magnifiquement le "soft rock" et le "jazz", une production et une instrumentation organique exceptionnelle enveloppant le tout. L’interprétation de Randy Goodrum fait ressortir comme à son habitude l’émotion et la sensibilité, ce qui ravira les amateurs. Les douze morceaux composants Red Eye sont tous remarquables avec aucun moment faible, bref vous l’avez compris nous sommes face à un des meilleurs albums du genre de ces vingt dernières années.

 

On débute avec le titre éponyme Red Eye (Larry Williams / Randy Goodrum) et dès l’introduction le ton est donné, la patte de Larry Williams est immédiatement imprimée dans les arrangements des cuivres. Red Eye est un titre très dynamique, le piano et la voix de Goodrum en avant, l’archétype même de ce que nous appelons depuis plus de 40 ans "westcoast music" ou encore "calif." Le ravissement est total ! L’intro des cordes suivies par le piano et la voix de Goodrum sur More Of This (Larry Williams / Randy Goodrum) laisse place à un mid-tempo accrocheur, on y retrouve l’essence de Goodrum, une "pop-song" toute en finesse mélodique, les arrangements y sont simplement merveilleux. A son écoute je ne puis m’empêcher de penser à Steve Porcaro et au risque de me répéter, je me dis que parfois le feeling et les compositions des deux hommes ne sont pas si éloignés que ça. Avec Hocus Pocus (Randy Goodrum / Larry Williams) on poursuit dans l’excellence, titre alliant avec le plus grand des bonheurs "pop" et "jazz", et l’on se dit que le regretté Al Jarreau aurait été parfait pour y placer sa voix. Sur les couplets de We Shine (Randy Goodrum) Goodrum prend une voix légèrement rauque pour mieux faire ressentir une certaine ambiance des lieux de la nuit, le solo de saxophone de Larry Williams ajoute à cette atmosphère qui me fait penser à un club de jazz enfumé avec bourbon et belles femmes, mais ça c’était avant! Comme sur le morceau précédent, Hannah (Randy Goodrum) fait ressortir une ambiance relativement intimiste, oscillant encore entre "pop" et "jazz" avec un côté "pop" plus assumé sur le refrain. From Here (Douglas Carr / Randy Goodrum) nous rappelle que Randy Goodrum a composé de magnifiques ballades dont certaines ont accédé aux plus hautes marches du podium dans le Billboard. From Here est avec Not Here et Crossroads la seule véritable ballade de Red Eye, et nous y retrouvons avec un plaisir non dissimulé tout son talent de mélodiste. Gravity (Larry Williams / Randy Goodrum) est la seule chanson dont la musique est entièrement composée par Larry Williams et quelle chanson ! La basse de Marcus Miller y rayonne comme aux plus beaux jours, ça joue, ça groove comme jamais ! Les cuivres s’en donnent à cœur joie, à n’en pas douter on tutoie les sommets ! Le très beau Juneau (Randy Goodrum) débute acapella, et puis s’en suit un mid-tempo dans le plus pur "Goodrum’s spirit" ! Dès le début de Lose June (Randy Goodrum / Larry Williams) nous avons le sentiment d’avoir à faire à un classique, qui, encore une fois aurait très bien pu être interprété par Al Jarreau ! Et que dire des arrangements agrémentant la fin du refrain entre le Rhodes et les cuivres ! Le genre de titre qui ne peut être pondu que par un Goodrum et un Williams ! L’ambiance intimiste est de retour sur Not Here (Larry Williams / Randy Goodrum), ballade légèrement jazzy toute en finesse ! Les chœurs sur l’introduction de The Hub (Randy Goodrum) peuvent faire penser aux Beach Boys, on peut noter que c’est le seul titre qui bénéficie de programmations sur les couplets ce qui lui procure une atmosphère envoûtante et mystérieuse, et puis, vers la moitié du morceau un intermède très jazz laisse la place à une production plus organique avec de longues plages instrumentales. J’adore The Hub qui est certainement le titre le plus original de Red Eye. C’est avec le magnifique et très intimiste Crossroads (Randy Goodrum) que se conclut cet opus.

 

Je ne doute pas un seul instant qu’après avoir terminé de l’écouter, l’envie vous reprendra de recommencer. Red Eye est parfait pour passer un été serein et ensoleillé, et est à ranger parmi les œuvres qui comptent.

 

Produit par Randy Goodrum et Larry Williams

Enregistré par : Larry Williams, Randy Goodrum, Steve Sykes, Michael Landau, Gavin Harrison, Jesse Sedoc

 

Randy Goodrum : Chant, Chœurs, Claviers

 

Larry Williams : Claviers, Cuivres

Michael Laudau, Ramon Stagnaro : Guitares

Vinnie Colaiuta, Gavin Harrison : Batteries

Marcus Miller, Brian Bromberg : Basses

Tom Walsh : Trompette

Jesse Sadoc : Flugelhorn, Trompette

 

Ralph Morrison, Kate Vincent, Sara Perkins, Trevor Handy : Cordes

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Dernier commentaire :

Jean-PhilippeRéjou

Oui c'est effetivement l'album de l'année, bien que l'année ne soit pas encore terminée. 😉

posté le : July 25, 2020 14:58

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alainjo
alainjo

Tout simplement l'album de l'année ... Il y a tout dans cet opus ... Tout ce que j'aime ...😍😍

posté le : July 25, 2020 14:10

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Jean-PhilippeRéjou

Merci Aornono, bel été également !

posté le : July 24, 2020 06:37

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Jean-PhilippeRéjou

Merci Pierre de nous préciser l'origine du titre de cet opus ! 🙂

posté le : July 24, 2020 06:37

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Pierre
Jean-PhilippeRéjou

Oui ce genre d'album était inespéré Christopher!

posté le : July 24, 2020 06:36

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Chistopher
Pierre
"Red Eye" , allusion aux avions que l'on prend tard le soir aux Etats-Unis, habituellement ouest-est et (LAX-JFK par exemple!) dans lesquels on a peine à dormir. D'où les "yeux rouges".🥺
 
"In commercial aviation, a red-eye flight is a flight scheduled to depart at night and arrive the next morning."

posté le : July 23, 2020 22:37

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Chistopher

Des musiciens talentueux et complices, 12 morceaux qui présentent tous un intérêt, un mélodiste inspiré et l'on construit un chef d'oeuvre.........c'est le high level

posté le : July 23, 2020 19:57

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aornono

Mon album de l'été. Autant te dire qu'il tourne en boucle celui-la.....comme le reste de la discographie de Randy d'ailleurs et ce depuis......un sacré bail !

A part ça, que dire ? Belle chro' mon pote ! Passe un bel été Jean-Philippe !

posté le : July 23, 2020 19:15

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