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Marooned (1982)

image : Marooned (1982)

 

Dans l’histoire du soft rock californien, le LP de Larry Lee Marooned fait figure d’OVNI. En effet, quand il sort en 1982, pratiquement personne n’imaginait qu’un des membres du groupe de Country Rock / Southern Rock The Ozark Mountain Daredevils allait produire un disque d’une telle qualité et surtout avec cette orientation musicale.

 

Et pourtant en regardant la discographie des Ozark Mountain Daredevils, on peut s’apercevoir qu’un de leurs plus grands succès fut Jackie Blue en 1975, un titre composé par Larry Lee qui sonnait résolument "soft rock" et qui détonnait par rapport au reste de leur production. Avec le recul on peut en conclure que ce morceau était annonciateur de l’album Marooned qui nous intéresse dans cette chronique.

 

Larry Lee est né en 1947 à Springfield dans l’état du Missouri. Il commença à composer des chansons vers la fin de son armée sur l’île de Puerto Rico, par la suite il retourna dans le Missouri et il intégra les Ozark Mountain Daredevils en 1972, il y restera une dizaine d’années. Marooned sortira en 1982, produit par John Ryan (Patrick Simmons, Greg Guidry, Styx, Santana, Climax Blues Band, Pure Prairie League, etc.)

 

De nombreuses personnes dont je fais partie considèrent Marooned comme une œuvre essentielle de cette période. En premier lieu on y remarque la qualité mélodique des chansons présentes, et en même temps le producteur John Ryan a su imprimer un son bien particulier, différent d’ailleurs par rapport au reste de ses productions, s’adaptant complètement à l’artiste et mettant en avant une atmosphère vraiment originale. Mais l’ambiance demeure résolument dans le "mood calif", à son écoute on se retrouve directement propulsé sur Santa Monica Blvd, direction le Pier…

 

Malgré ses grandes qualités, Marooned ne trouva pas son public et fut un flop commercial, on peut expliquer cet état de fait par deux choses principalement, en premier lieu le manque de promotion du label Columbia, et puis comme beaucoup d’autres artistes de cette période, nous arrivions à la fin d’un cycle et les auteurs-compositeurs-interprètes type Larry Lee, Bill LaBounty ou encore Randy Goodrum pour ne citer que ceux-ci étaient passés de mode et les jeunes se tournaient désormais vers d’autres musiques…

 

Nous débutons avec Waiting To Let Go (Bruce Dees / Robert A. Johnson), le ton est immédiatement donné, intro au piano qui débouche sur une road song, parfaite pour nous plonger dans l’ambiance de Los Angeles, ce morceau nous transporte immédiatement sur Sunset Blvd, "drive west on sunset to the sea". Nous y remarquons la présence du regretté Rick Danko du groupe The Band dans les chœurs  ! Don’t Talk (Terry Britten / Sue Shifrin) reste dans le même esprit que la précédente, elle fut choisie comme "single", mais ne trouva malheureusement pas le succès. On remarque que ce titre est composé par Terry Britten qui fut l’auteur de beaucoup de tubes durant les années 80, notamment pour Tina Turner, Michael Jackson, Cliff Richard, Olivia Newton-John et beaucoup d’autres. Avec le titre éponyme Marooned (Larry Lee) on atteint véritablement les sommets, à ranger aux côtés des Ride Like The Wind ou encore All Right de Christopher Cross, cette chanson est une véritable carte postale du Los Angeles du début des années 80, très cinématographique ! La reprise de The Best Is Yet To Come (Clifford T. Ward) est la seule véritable ballade de Marooned, créée par Clifford T. Ward mais repris également par Patty Weaver et Judy Collins ! Number One Girl (Larry Lee) reprend du rythme, piano en avant, mélodie accrocheuse dès la première écoute, ce Number One Girl possède tout du classique ! La seconde face ouvrait sur Satisfaction Guaranteed (I Could Give You Love) (Larry Lee), qui est du même tonneau que Number One Girl, idéal pour "cruiser" tranquillement entre Van Nuys et Thousand Oaks ! Only Seventeen (Alan Tarney) malgré que l’auteur soit différent reste dans le même esprit et continue de distiller cette ambiance insouciante et ensoleillée ! Avec la magnifique Hollywood (Larry Lee) nous replongeons dans un univers cinématographique avec un bel orchestre symphonique, certainement une des chansons les plus ambitieuses de cette œuvre, de toute façon le titre de la chanson parle à lui tout seul ! Just Another Girlfriend (Larry Lee / Steve Cash) est co-écrit avec son ancien partenaire des Ozark, c’est un mid-tempo enjôleur et attachant qui prépare nos oreilles à l’arrivée du dernier morceau de Marooned ! Hang On (Larry Lee) est en effet de mon point de vue l’autre chef-d’œuvre de ce LP ! Quelle conclusion merveilleuse pour ce disque que tout amateur de westcoast se doit de posséder dans sa discothèque !

 

Il est à noter qu’il bénéficia de deux pochettes différentes, une pour le marché US et une autre (plus esthétique et mettant en valeur le contenu) pour le marché japonais et que j'ai choisi pour illustrer cette chronique ! Si vous ne l’avez pas encore, vous savez ce qu’il vous reste à faire !

 

Produit par : John Ryan

Enregistré par : Bill Drescher

 

Larry Lee : Chant, Chœurs

 

Jon Goin : Guitares

David Hungate : Basse

Mike Baird : Batterie

Nicky Hopkins : Claviers

Gabriel Katona : Synthétiseurs

Ike Stubblefield : Syhtétiseurs sur Marooned

Lenny Castro : Percussions

David Sanborn : Saxophone Alto

 

Tom Kelly, Bill Champlin, Richard Kelly : Chœurs sur Number One Girl, Don’t Talk, Only Seventeen et The Best Is Yet To Come

Rick Danko : Chœurs sur Waiting To Let Go

Venetta Fields, Rosemary Butler et Maxayn Lewis : Chœurs sur Hollywood et Marooned

 

David Cambell : Orchestrations

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Dernier commentaire :

Jean-PhilippeRéjou

Je l'ai aimé de suite Arnaud, en fait, à quelques semaines près, j'ai acheté ces deux albums presque en même temps, le LaBounty était distribué en France alors que le Larry Lee était disponible uniquement en import US. Me concernant le coup de foudre fut immédiat.

posté le : September 6, 2020 18:24

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Wyatt

J'ai mis 30 ans pour apprécier cet album. La voix ne m'attirait pas et sorti en même temps que Bill LaBounty, il fallait faire un choix de barbu et le choix était évident. Livin' it up est indispensable et le Larry Lee beaucoup moins. Avec le temps, cet album m'est devenu très agréable (en import japonais avec la cover ci-dessus) 

posté le : September 6, 2020 14:16

Jean-PhilippeRéjou

Ecoute-le, c'est un incontournable Alain, un de mes albums de chevet !

posté le : September 5, 2020 09:37

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alainjo
alainjo

Eh ben ... Je connais pas ... et je vais m'empresser de connaitre ... 

posté le : September 5, 2020 09:28

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