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If That What It Takes (1982)

image : If That What It Takes (1982)

 

En prenant la décision de quitter les Doobie Brothers en 1981, Patrick Simmons (alors dernier représentant de la formation originale) avait précipité la fin (qui s’est avérée provisoire) du groupe. En 1982 ils partirent une dernière fois en tournée à travers les Etats-Unis, le double LP Farewell Tour qui paraîtra en 1983 en est le témoignage !

 

Michael McDonald n’attendit pas et entra en studio dès 1981 afin d’enregistrer son premier album en solo, sous la direction des producteurs Ted Templeman et Lenny Waronker. McDonald était arrivé à la fin de l’année 1975 au sein des Doobies et leur avait fait opérer un virage musical majeur. Délaissant le "rock" et les guitares de leurs débuts, le "soft rock" teinté de "rhythm & blues" allaient avoir les honneurs. Ce choix s’avéra judicieux puisqu’ils décrochèrent de nombreux succès, et allaient influencer toute une génération de groupes et d’artistes dont les compositions et les harmonies vocales se rapprochèrent souvent de celles des "frères pétards", les exemples sont nombreux !

 

If That What It Takes parut en août 1982, si l’orientation musicale est très proche de ce qu’il faisait avec son groupe, on peut noter néanmoins une tendance "soul" plus prééiminente tout en gardant ce son typiquement californien du début des années 80. Mis à part Willie Weeks et Bobby LaKind aucun autre membre des Doobies n’est ici présent, comme s’il voulait couper définitivement le cordon ombilical, qui, aux yeux du public, le reliait encore à son ancien groupe. Il s’entoura de quelques "cadors" des studios de Los Angeles comme il était de mise à cette époque.

 

Le résultat fut enthousiasmant et If That What It Takes connut un grand succès, propulsé en cela par le single I Keep Forgettin’ (4e au Billboard Hot 100), il atteindra la 6e place du Billboard 200 ! Aujourd’hui il fait figure d’album culte et essentiel dans sa discographie, mais aussi dans le "soft rock" californien des années 80.

 

Nous débutons avec Playin’ By The Rules (Michael McDonald / Ed Sanford) qui aurait pu servir de single tellement cette chanson arrive à capter l’attention dès la première écoute. C’est un classique instantané avec un superbe final mis en valeur par les cuivres de Jerry Hey ! I Keep Forgettin' (Michael McDonald / Ed Sanford / Jerry Leiber / Mike Stoller) recèle de fortes similitudes avec I Keep Forgettin' interprété vingt ans plus tôt par Chuck Jackson, ceci explique le fait que Jerry Leiber et Mike Stoller soient crédités en tant que co-compositeurs du morceau, mais au final il s’agit quand même de deux morceaux bien différents. I Keep Forgettin’ fait figure d’étendard du "soft rock" californien, même si nous sommes très proches de la "blue-eyed soul". L’introduction est légendaire avec la partie rythmique tenue respectivement par Jeff Porcaro à la batterie et Louis Johnson à la basse. Beaucoup d’artistes utiliseront cette intro comme sampler, le plus célèbre d’entre eux étant le rappeur Warren G en 1994 ! Love Lies (Michael McDonald / Randy Goodrum) est la première collaboration en écriture entre McDonald et Randy Goodrum pour un résultat plus que convaincant, ce dernier la reprendra d’ailleurs quelques années plus tard sur un de ses disques. Les accords répétitifs du clavier sur les couplets ne manqueront pas de vous hanter, et additionné au refrain aérien, c’est encore un classique incontestable ! I Gotta Try (Michael McDonald / Kenny Loggins) est également incontournable, la version ici présente possède sans surprises quelques similitudes avec What A Fool Believes, mais sait aussi avoir sa propre personnalité. Elle fut choisie comme second single, les radios en firent bon usage ! La ballade I Can Let Go Now (Michael McDonald) est très intimiste et particulièrement poignante, la voix de Michael McDonald est juste accompagnée de son piano et de très beaux arrangements de cordes ! Le refrain de That’s Why (Michael McDonald / Randy Goodrum) est jubilatoire, les couplets ne sont pas en reste, c’est remarquable et j’apprécie particulièrement le solo de synthétiseur suivi de la guitare de Robben Ford ! le titre éponyme If That What It Takes (Michael McDonald / Jackie DeShannon) est plus rapide, joué sur un rythme enlevé, c’est brillant et le refrain saura immédiatement capter votre attention ! No Such Luck (Michael McDonald / Grady Walker / Harry Garfield), est peut-être un peu en-dessous du reste proposé ici, mais j’avoue que je fais la fine bouche car No Such Luck possède des moments largement convaincants ! Losin’ End (Michael McDonald) est la reprise de la chanson qu’il avait composée pour l’album Takin’ It To The Streets des Doobie Brothers, interprétée et arrangée ici de façon plus lente et plus émouvante. Des deux versions j’avoue avoir un faible pour celle-ci, et Tom Scott avec son solo fait le nécessaire pour la rendre exceptionnelle ! C’est Believe In It (Michael McDonald) qui sert de conclusion à ce chef-d’œuvre, peut-être le morceau qui rappelle le plus les Doobie Bros sur ce disque, ne serait-ce qu’au niveau des harmonies vocales du refrain parfois proches du gospel !

 

Pour tout amateur de sons californiens cet album est indispensable, on peut sans hésitation le placer parmi les disques majeurs du genre !

 

Produit par : Ted Templeman et Lenny Waronker

Enregistré par : Lee Herschberg, Jim Isaacson, Donn Landee, Mark Linett

Mixé par : Lee Herschberg

 

Michael McDonald : Chant, Chœurs, Fender Rhodes, Synthétiseurs, Piano

 

Jeff Porcaro, Steve Gadd : Batteries

Willie Weeks, Louis Johnson, Mike Porcaro : Basses

Dean Parks, Steve Lukather, Robben Ford : Guitares

Greg Phillinganes : Piano, Clavinet, Fender Rhodes, Orgue

Michael Boddicker : Synthétiseurs

Lenny Castro, Bobby LaKind, Paulinho Da Costa, Ted Templeman : Percussions

Edgar Winter : Saxophone, Saxophone Alto

Tom Scott : Saxophone, Lyricon

 

Jerry Hey : Arrangements des Cuivres

Marty Paich : Arrangements des Cordes

 

Ed Sanford, Maureen McDonald, Kenny Loggins, Christopher Cross, Brenda Russell, Kathy Walker, Amy Holland : Chœurs

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Dernier commentaire :

Jean-PhilippeRéjou
Oui Eramanu, cet album est en tout point magnifique

posté le : January 10, 2021 17:40

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eramanu

Reecouté avec plaisir . En effet, c'est un superbe album . Je ne suis pas un fan de Michael Mc Donald , mais surement son meilleur album . Beuacoup de similitude dans le son avec Kenny Loggins High Adventures 

 

posté le : January 3, 2021 14:32

Jean-PhilippeRéjou

C'est le Graal pour beaucoup !

posté le : December 20, 2020 10:51

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alainjo
alainjo

Ben ... Pour moi ... C'est le Graal ...😍

 

posté le : December 18, 2020 20:46

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Jean-PhilippeRéjou

Oui incontestablement Jean Louis, mais son dernier album Wide Open, est aussi excellent, quoique dans un style bien différent.

posté le : December 16, 2020 10:37

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Jean Louis

Pour moi cela reste le meilleur album de ce grand artiste.............un classique !!!!!!!

posté le : December 16, 2020 08:14

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