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XIV (2015)

image : XIV (2015)

 

Dès la fin de l'année 2013, Steve Lukather et David Paich avaient annoncé que Toto allait rentrer en studio pour enregistrer un nouvel album, afin de remercier ses fans pour leur soutien sans faille au fil des années, et qui semble avoir encore grandi depuis leur retour en 2010.

 

9 ans ! C’est le nombre d’années qu’il aura fallu attendre entre « Falling In Between » (2006) et ce nouvel opus. Entre-temps il s’est passé beaucoup de choses. En effet, l’année 2008 voyait Steve Lukather annoncer la fin du groupe, David Paich et Mike Porcaro n’étant plus présents.

 

Sur la tournée « Falling In Between » achevée en 2008, il n’y avait en effet, plus que Steve Lukather et Bobby Kimball sur scène en tant que membres historiques, et comme l’a dit Luke : « cela ne voulait plus dire grand-chose de tourner sous le nom de Toto sans un Porcaro dans le groupe » !

 

Apparemment la motivation et l’envie n’étaient plus là et après 30 ans de bons et loyaux services, tout le monde décidait de raccrocher. Une page se tournait et une grande tristesse envahissait tous les admirateurs de Toto.

 

Un an avant la parution de « FIB », Mike Porcaro avait commencé à ressentir des douleurs dans ses doigts, puis au niveau des deux mains. En 2006, il fera quand même la première partie de la tournée « FIB », mais il sera remplacé par Leland Sklar, jusqu’au split de 2008. Quelques temps après, le verdict tombe, sans appel, une « sclérose latérale amyotrophique » lui est diagnostiquée. Mike ne pourra jamais plus jouer de la basse et le pronostic est malheureusement très sombre.

 

En 2010, le groupe décide de se reformer pour effectuer une tournée européenne de soutien à Mike. Steve Porcaro et Joseph Williams rejoignent David Paich, Steve Lukather et Simon Phillips, Nathan East à la basse, complétant le line-up. Par la suite, Toto a effectué des tournées en 2011, 2012 et 2013, celle de 2013 fera l’objet d’un CD, DVD et Blu-Ray à l’occasion du 35eanniversaire. Début 2014, le groupe annonce officiellement le départ de Simon Phillips, qui sera remplacé par Keith Carlock (Steely Dan, Sting, John Mayer, Christopher Cross, Diana Ross, etc.) pour l’enregistrement du « XIV ». Parallèlement le groupe effectuera une tournée US estivale, partageant l’affiche avec Michael McDonald. Le batteur de cette tournée étant Shannon Forrest.

 

Alors ce nouvel album ? Etant admirateurs de Toto, depuis le début des années 80, juste avant la parution du « IV », je n'avais pas adhéré complètement à leurs dernières productions, beaucoup trop inégales en qualité, depuis le décès de Jeff Porcaro. David Paich étant beaucoup moins impliqué dans l’écriture, Steve Lukather avait vraiment pris les rênes du groupe et cela s’en ressentait dans l’orientation musicale, sauf lors de quelques (trop) rares exceptions.

 

j'avais l’impression que le groupe jouait autour de Luke, contrairement à ce qui s’était passé durant leur « âge d’or », où il y avait un vrai travail d’équipe. De nombreux fans de la 1ère heure n’ont jamais adhéré à Simon Phillips en remplacement de Jeff, même s’il faut reconnaître que la patte de ce dernier a aussi amené de nouveaux fans au groupe, notamment avec « Tambu », album référence pour une autre génération de fans. Simon parti, Steve Porcaro et Joseph Williams de retour, l’espoir était grand d’entendre à nouveau le Toto, qui m'avait fait tant rêver. La bonne nouvelle est que cet espoir se transforme en complète réalité à l’écoute du « XIV »!

 

On y retrouve le Toto inspiré, varié, où les claviers virevoltent de partout, où le « groove » est à nouveau présent, où la voix de Williams n’a (pratiquement) pas changé depuis « The Seventh One », où Paich fait un retour en force au niveau des compositions et de l’instrumentation, où le producteur CJ Vanston y imprime un son énorme et moderne, où Steve Lukather se remet (enfin) au service du groupe et non pas le contraire, bref, vous l’aurez compris, nous retrouvons le Toto de nos vingt ans, avec des références au premier album, à « Hydra », au « IV », à « Fahrenheit » et à « The Seventh One » !! Bien sûr, avec le temps qui passe, l’oreille évolue et ma façon de percevoir la musique également, mais honnêtement je pense que ce « XIV » réconcilie les fans de la première heure avec leur groupe. Certains morceaux de bravoure à dominante progressive doivent cependant aussi satisfaire les nostalgiques de l’ère Simon, davantage portés par le côté technique des compos.

 

Energie et puissance sont les mots qui caractérisent « RUNNING OUT OF TIME » (David Paich / Joseph Williams / Steve Lukather), la guitare de Luke se veut très incisive dès l’introduction, le synthétiseur de Steve Porcaro donne le tempo en parallèle de la batterie de Carlock, la voix de Joe Williams est au firmament. Une chanson qui mérite deux, voire trois écoutes, afin d’en apprécier pleinement toutes les subtilités tant au niveau de la mélodie que des arrangements. Le solo de guitare de Steve Lukather, suivi de celui de David Paich, sont agrémentés de nappes de synthétiseurs de Steve Porcaro, rendant ce passage très planant. Ce très bon titre montre la facette du Toto, « AOR », « melodic rock », parfait en guise d’ouverture de cet album !

 

Les mêmes notes en boucle du piano de David Paich, se révèlent très vite obsédantes sur « BURN » (David Paich / Joseph Williams), dont on subodore, au moins pour les couplets, que Dave a pris une grande part dans l’écriture. Williams est au chant, ce titre commence comme une ballade qui se révèle être très addictive. Le refrain est une explosion superbe, pleine de vitalité régénératrice !! Pour les fans de la première heure, on y retrouve beaucoup d’éléments qui ont caractérisé le style de composition de David Paich, durant la première période de Toto. Superbe !!

 

Sur « HOLY WAR » (Steve Lukather / CJ Vanston / Joseph Williams), la guitare de Luke me fait remonter au « Toto IV » (Afraid Of Love), voir à « The Seventh One » (Only The Children), avec des parties jouées au doigt rappelant aussi l’excellent « Caught In the Balance » de « Mindfields ». Williams et S. Lukather se partagent le chant. Ce morceau, qui a aussi été mis en ligne avant la sortie officielle de l’album, est une complète réussite, avec un très beau refrain (idéal pour être joué en live), et un bridge très progressif, avec force claviers et guitare. C’est du Toto comme je l'aime, puissant et racé !!

 

On retrouve Steve Lukather en « lead » sur « 21st CENTURY BLUES » (Steve Lukather / CJ Vanston), morceau qu’il a probablement signé ; après un riff de guitare d’intro lorgnant vers celui de « Dying on my Feet » sur FIB, le tempo des couplets suggère un peu « Tears For Fears » avec leur « Everybody Wants To Rule The World » en un peu plus lent, voire « Born Yesterday » sur son deuxième album en solo « Candyman ». Le refrain quant à lui, rappelle combien Steely Dan a toujours été une influence majeure du groupe et la mélodie n’est pas sans nous ramener au cultissime « IGY » de Donald Fagen. Luke a toujours la guitare acérée, le saxophone de Tom Scott habille fort bien la chanson, et le final, avec l’alternance de la guitare, du piano et de l’orgue, peut rappeler les « good old days » à l’époque de « Rosanna »!

 

« ORPHAN » (David Paich / Joseph Williams / Steve Lukather) fut choisi comme premier single de l’album. La voix de Mabvuto Carpenter assure en lead sur l'introduction du morceau ; ce titre peut sembler de prime abord assez déroutant, l’arpège de guitare, la voix et la batterie semblant tourner sur des cycles différents sur un plan rythmique. Mais au final, et c’est toute la magie de TOTO, le tout s’imbrique à merveille pour s’achever sur un tempo accéléré qui n’est pas sans rappeler « So Lonely » de Police! En tous cas, quand ce morceau est entré dans votre tête, il n’en sort plus et c’est bien ce qu’on demande à un single non?

 

On sent que Steve Lukather a mis tout son cœur dans la composition de « UNKNOWN SOLDIER (for Jeffrey) » (David Paich / Steve Lukather) ; il y rend un très bel hommage à Jeff, avec des petits rappels de « Stairway To Heaven » de Led Zeppelin dans le son qu’il a imprimé à sa guitare sur quelques passages. Cette ballade, aux accents parfois progressifs d’un « Better World », est une très belle réussite, limite émouvante ; en tous cas, un morceau très fort dans ce qu’il dégage et à la hauteur de celui qui est honoré: Jeff !

 

Les harmoniques sur les premières secondes de l’intro de « THE LITTLE THINGS » (Steve Porcaro / Allee Willis) prennent des airs de « Lea » (Fahrenheit), et ceci explique cela puisqu’il s’agit ici de la 1ère contribution en voix « lead » de Steve Porcaro, qui colle tout à fait avec l’esprit « westcoast » du morceau. S. Porcaro, dont c’est le grand retour sur un album studio de Toto (il n’avait fait que quelques piges depuis plus de 25 ans !), signe ici un très joli titre mid-tempo, romantique à souhait, qui dégage une merveilleuse sensation de bien-être quand on l’écoute, les couleurs des guitares rappelant un peu « Mélanie » sur « Mindfields ». En tous cas, nous verrions bien cette très belle « sucrerie » comme prochain « single » !

 

« CHINATOWN » (David Paich / Michael Sherwood) est le type de chanson, qui devrait ravir les fans de la première heure , on y retrouve pratiquement toute la musique du groupe concentré dans un seul titre, avec des plans claviers très « westcoast », le saxophone très jazzy de Tom Scott, David Paich, Joseph Williams et Steve Lukather au chant, un groove funky très « Georgy Porgy », un passage plus Melodic Rock, pour beaucoup ça sera certainement leur titre préféré du XIV. Nous avons bien sûr un énorme coup de cœur pour « Chinatown », mais le problème, c’est que rien n’est mauvais sur cet album ! En tous cas, ce morceau aurait très bien pu figurer dans leur tout premier album c’est dire!...

 

Cela faisait depuis l’album « Isolation » que David Paich n’avait pas chanté sur la totalité d’un morceau en « lead » (si on excepte le très beau « Spanish Steps Of Rome » qui figure en « bonus track » sur la version japonaise de « Mindfields »). « ALL THE TEARS THAT SHINE » (David Paich / Michael Sherwood) est une très belle ballade, où Paich s’en sort plutôt bien dans le chant, Luke et Williams venant l’épauler sur le refrain qui est de toute beauté, limite « soul-gospel ». A l’écoute de « All The Tears… » il est acquis que David Paich a beaucoup manqué dans la composition, ces vingt-cinq dernières années ! Morceau qui en tous cas, ravira les amateurs de ballades « TOTOesques », parfaitement léchées.

 

Retour du groove sur « FORTUNE » (Joseph Williams) ; cet excellent mid-tempo bénéficie de la voix de Joseph Williams, du piano de Paich en renfort et d’une magnifique section rythmique, Tal Wilkenfeld et Keith Carlock, que Jeff n’aurait pas reniée… Ce titre serait presque dansant, avec sur la fin, l’arrivée de Michael McDonald qui arrive à donner une belle dimension à « Fortune », c’est fou ce que « Magic McDo » peut apporter en quelques secondes d’apparition !

 

Le morceau de bravoure de l’album est représenté par « GREAT EXPECTATIONS » (David Paich / Joseph Williams / Steve Lukather) qui dure plus de 7 minutes, tantôt rapide, tantôt plus lent, c’est une belle représentation de rock progressif façon « Yes ». L’intro de David Paich au piano, accompagné d’un violoncelle est de toute beauté, et l’enchainement de Williams avec la guitare sèche de « Luke » est vraiment très bien senti… Après plusieurs écoutes, nous ne sommes pas loin d’un des chefs-d’œuvre de cet album pour ce morceau qui devrait faire date au même titre qu’un « Home of the Brave ».

 

« BEND » (Steve Porcaro / Michael Sherwood) est le bonus track que l’on peut retrouver uniquement sur le pressage japonais ; c’est une composition de Steve Porcaro. On l’y retrouve seul aux synthétiseurs et au chant, et Steve Lukather y fait quand même une incursion avec sa guitare acoustique. C’est un morceau presque « new age » dont la mélodie est pleine de subtilité avec un court refrain qui touche de suite notre sensibilité. Si on veut le rapprocher d’une ancienne chanson de Toto, nous dirions que « A Secret Love » sur « Hydra » serait un bon comparatif.

 

Sans aucun doute, Toto vient de publier un album que je classe, en ce qui me concerne, dans le TOP 5 de leurs disques studio. Les Maîtres sont de retour ! Le bien-être ressortant de leurs prestations « live » depuis la reformation de 2010, leur a donné à nouveau envie d’écrire, et le résultat dépasse mes espérances ; en effet, je n'avais pas éprouvé un tel plaisir à écouter un album de TOTO, par rapport à l’homogénéité dans la qualité des compositions, depuis « The Seventh One » en 1988.

 

Est-ce que ça sera le dernier album du groupe ? J'aurais plutôt tendance à dire oui, car plusieurs facteurs laissent à penser qu’il n’y en aura pas d’autres. Si ce « XIV » est le dernier de Toto, ça sera un magnifique « baisser de rideau » pour des musiciens qui auront marqué plusieurs générations de fans à travers la planète, et laissé, quoique leurs détracteurs puissent en dire, une empreinte indélébile sur la musique populaire de ces 37 dernières années ! Que ce soit au niveau de leurs albums, de leurs tournées, mais également en dehors du groupe, par rapport à leurs innombrables sessions avec d’autres artistes !! Mais bon avec TOTO, l’histoire montre que plus que jamais NEVER SAY NEVER!

 

Produit par : Steve Lukather, David Paich, Joseph Williams et CJ Vanston

Produit par : Steve Porcaro et CJ Vanston pour The Little Things

Enregistré par : CJ Vanston, Csaba Petocz, Joseph Williams & Stefan Nordin

Mixé par : CJ Vanston

 

Toto :

Steve Lukather - Guitares, basse (5, 6 & 11) & chant
David Paich - Claviers & chant
Steve Porcaro - Claviers & chant
Joseph Williams - Chant

 

Musiciens additionnels :
Keith Carlock - Batterie
David Hungate - Basse (4, 7 & 8)
Tal Wilkenfeld - basse (9 & 10)
Leland Sklar - basse (2 & 3)
Tim Lefebvre – basse (1)
Lenny Castro - percussion
Martin Tillman - violoncelle
CJ Vanston – claviers, synthétiseurs
Michael McDonald – choeurs
Amy Keys – choeurs
Mabvuto Carpenter – choeurs
Jamie Savko – choeurs
Amy Wlliams – choeurs
Tom Scott – saxophone – Arrangements des Cuivres

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